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En Haute-Saône, la chapelle Notre-Dame-du-Haut de Ronchamp fête ses 70 ans

Un anniversaire qui coïncide avec l’achèvement de trois ans de travaux de restauration destinés à pérenniser ce site marial séculaire

L’Association Œuvre Notre-Dame-du-Haut propriétaire du site qui conserve et restaure ce patrimoine, a d’abord effectué une première tranche de travaux, décapages, réparations de fissures et peinture de la façade sud portant les fameux vitrages colorés. Une seconde tranche en cours concerne la façade ouest-nord, notamment la réfection de la grande gargouille, des tourelles de la coque apportant lumière. Une initiative d’autant plus indispensable, que sans mettre fondamentalement en danger la structure de la chapelle, des infiltrations pluviales avaient commencé à faire leur travail de sape risquant de fragiliser cet ensemble architectural et spirituel explique Jean-Jacques Virot, architecte et président de l’Association. Une construction qui avait en son temps mobilisé de grands noms de l’architecture émus par ce site de la colline de Bourlémont au sud du parc naturel régional des Ballons des Vosges, tel Le Corbusier qui va s’attacher ici à réinventer l’espace sacré traditionnel en mêlant ici à la fois nature, architecture et religion puisant des idées dans ses nombreux voyages. Ainsi la grande tour de la chapelle rappelle-t-elle la villa Hadriana de Tivoli et, la façade sud avec ses ouvertures profondes, la mosquée Sidi Brahim d’El Ateuf.

Un site, trois architectes d’exception, Le Corbusier, Jean Prouvé, Renzo Piano

Née des cendres des bombardements de 1944, la Chapelle fut reconstruite dès 1953 à l’initiative de Le Corbusier à la demande des propriétaires soucieux de repenser ce lieu installé sur les vestiges d’un ancien édifice. Inauguré en 1955, l’ensemble reconstruit comprenait la chapelle Notre-Dame-du-Haut, un abri pour pèlerins, la maison du chapelain et une pyramide dédiée à la paix. Des chefs-d’œuvre reconnus pour leur contribution exceptionnelle au mouvement moderne qui furent inscrits en 2016 au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, aux côtés de 16 autres œuvres de Le Corbusier.

Un mur de lumière coloré réalisé avec des techniques innovantes

Le mur de lumière coloré et ses 27 ouvertures

Le point d’orgue de la construction est peut-être le mur de lumière de sa façade sud composé de 27 ouvertures vitrées colorées ou transparentes laissant la lumière pénétrer dans l’édifice. Loin des vitraux traditionnels cet ensemble a été conçu avec une palette de couleurs simples, rouge,bleu, jaune, vert, et orné de dessins inspirés des éléments de la nature, nuages, fleurs, feuilles, oiseaux, auxquels Le Corbusier y ajoutera des citations liées exclusivement à Marie, à qui la chapelle est dédiée apportant la dimension religieuse souhaitée dans cette architecture singulière. Au final une œuvre picturale résolument moderne, design, diront certains, dans laquelle Le Corbusier a utilisé des matériaux et des techniques expérimentales inédites pour l’époque. Une maison du chapelain, suivie par une autre destinée aux ouvriers du chantier abritera par la suite les nombreux pèlerins en route vers Ronchamp. En 1975, Jean Prouvé autre grand architecte poursuivra l’œuvre engagée en édifiant sur le site un campanile à trois cloches. Renzo Piano de son côté complétera l’ensemble en construisant en 2011 un pavillon d’accueil, la porterie et le monastère Sainte-Claire destiné à une communauté de Sœurs Clarisses qui aujourd’hui accueille pèlerins et visiteurs.

Préserver la biodiversité du site en impliquant les acteurs locaux

Michel Corajoud

L’environnement du site ne sera pas oublié, Michel Corajoud, paysagiste renommé choisi par Renzo Piano le recomposera en dégageant des percées paysagères dans la couronne forestière et en maintenant des massifs et des éléments isolés en place, dans un souci de préserver à long terme ici l’exceptionnelle biodiversité du site. Une volonté qui s’est traduite ces dernières années sur le terrain par plusieurs partenariats avec des acteurs locaux, comme celui avec l’apiculteur haut-saônois Benjamin Gallotte, en charge depuis 2024 d’une vingtaine de ruches à la Poterie, dont le miel récolté ici est vendu en exclusivité à la boutique. Des actions qui s’inscrivent dans une démarche de développement durable reconnue en 2023 par l’octroi à la Poterie de la marque nationale «Valeurs Parc naturel régional» attribuée à des entreprises respectueuses d’un cahier des charges centré sur l’attachement au territoire, la préservation de l’environnement et l’humain.

www.chapelle-lecorbusier-ronchamp.com
www.lecorbusier-worldheritage.org
www.fondationlecorbusier.fr

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