Hildegarde de Bingen, éditions du Signe
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Sur les pas d’Hildegarde de Bingen, invitée du 2e Forum de Saumur

Abbesse bénédictine allemande du XIIe siècle, visionnaire d’exception, grande musicienne, médecin, experte des sciences naturelles, Hildegarde de Bingen est considérée par certains comme la première naturopathe. Logiquement, le Forum, qui aura lieu les 9-10 juillet 2022 au Château de Salvert en Maine-et-Loire, a choisi pour thème «Le Bien-être selon Hildegarde de Bingen» dont l’objectif est de faire connaître au grand public les bienfaits thérapeutiques préconisés par la Sainte en mettant l’accent sur la façon de s’alimenter en protégeant sa santé.

Wikipédia Sainte-Hildegarde

Par Moguntiner — Travail personnel, CC BY-SA 3.0

Des conférenciers réputés viendront présenter leurs expériences respectives comme celle du docteur Wighard Strehlow, docteur en chimie et sciences, héritier du pionnier de la médecine hildegardienne, le docteur Gottfried Hertzka, décédé en 1996, auteur de plusieurs livres connus mondialement, le docteur Louis Van Hecken, médecin généraliste belge praticien depuis 28 ans de l’approche hildegardienne, ou des naturopathes telle Melody Mollins fondatrice de l’Institut hildegardien en France. Les multiples facettes de la Sainte seront bien sûr abordées (poétesse, écrivain, diplomate à ses heures, conseillère spirituelle) à l’énoncé desquelles on peut se demander comment une si riche personnalité a pu mettre 900 ans à attirer l’attention de nos contemporains. Excepté en Autriche et en Allemagne où Hildegarde de Bingen est très connue depuis longtemps, voire même célébrée. Un pèlerinage lui est ainsi consacré annuellement, chaque 17 septembre à Rüdesheim, en Rhénanie. Propulsée en pleine lumière le 7 octobre 2012 par Benoît XVI lors de sa proclamation comme Docteur de l’Eglise à l’issue d’un long parcours semé d’embûches, elle a été par cette canonisation définitivement reconnue aux yeux de tous pour ce qu’elle fût d’abord, à savoir une moniale et abbesse bénédictine de Bingen et d’Eibingen, femme de prière et grande contemplative.

Une mystique et visionnaire engagée

Dixième enfant d’une famille de la petite noblesse rhénane propriétaire du domaine viticole de Bermersheim en Rhénanie, Hildegarde fût destinée très tôt par ses parents (dès l’âge de huit ans ) à la religion, qui la firent entrer au monastère bénédictin de Disibodenberg proche de son domicile, où un prieuré féminin jouxtait le monastère masculin. Là elle fut confiée aux bons soins de Uda de Golheim puis de Judith de Spanheim retirées dans le monastère qui suivaient la Règle de saint Benoît. Après avoir reçu le voile des mains de l’évêque Othon de Bamberg, elle fut nommée en 1136 Prieure de la communauté.

Rüdesheim-Eibingen, église de pèlerinage Sainte-Hildegarde

Quelques années plus tard, elle se sépara du monastère masculin de Saint-Disibod pour installer sa communauté dans un monastère dédié à Saint Rupert, où elle passa le reste de sa vie. Sujette à des visions dès l’âge de trois ans – qu’elle n’osa avouer qu’à 43 ans, poussée par une voix impérieuse qui lui demanda de les consigner – la bénédictine n’eut de cesse de transmettre jusqu’à sa mort en 1179 ce qu’elle percevait avec force au travers notamment de trois grands livres regroupés dans le Scivias («connais les voies»). Elle dicta d’abord ses visions mystiques à son conseiller spirituel le moine Volmar, et encouragée par Saint Bernard de Clairvaux, elle obtint en 1147 du pape Eugène III l’autorisation de les écrire et d’en parler en public. Ce qu’elle fit avec fougue en allant prêcher sur les places publiques et dans les cathédrales comme à Trêves où ses dons de guérison attiraient des milliers de gens. «Elle aura parcouru l’Europe jusqu’à un âge avancé et dans des conditions difficiles de déplacements pour parler de Dieu aux populations», dira Benoît XVI lors de sa canonisation. Les œuvres de Sainte Hildegarde sont le reflet de sa foi et de ses convictions. Prêchant une mystique spirituelle en relation avec le cosmos, elle n’aura de cesse de rappeler que la guérison du corps et de l’âme ne peuvent venir que d’un rapprochement de Dieu, de la foi. «L’être humain est corps, âme et esprit, trois aspects indissociables qui forment un tout», écrira-telle. Cette médecine qui prend en compte la santé globale de l’être, «holistique» disent certains aujourd’hui a été redécouverte il y a quelques années par bon nombre de thérapeutes et naturopathes se référant à deux livres de descriptions de plantes et de soins le Causae et Curae, où sont décrits les remèdes, notamment les plantes qui occupent près de la moitié de son ouvrage et le Physica, encyclopédie naturelle, précieux condensé de vertus médicinales de certaines plantes comme l’épeautre, «excellent grain», dit-elle «de nature chaude et plein de force qui fournit une une chair de qualité à celui qui le mange», le galanga, le pyrèthre d’Afrique, le fenouil, le persil, la sauge, l’absinthe. Passionnée de Nature, elle saura transmettre son immense savoir à son époque et ce sont ses livres sur les plantes qui la propulseront ces dernières années à nouveau sur le devant de la scène. La dimension écologique, bio de son enseignement contenant des passages à la résonance très actuelle.

Elle composera 70 chants liturgiques

L’ autre facette d’Hildegarde, la musique, «la forme la plus élevée de l’activité humaine», dira-t-elle, occupera une place centrale dans sa vie au point de composer plus de 70 chants liturgiques, oratorios, hymnes, opéras qui feront d’elle l’un des plus grands compositeurs du Moyen-Age. Selon Catherine Braslavsky, interprète depuis des années des chants d’Hildegarde, «sa musique est sans doute le plus universel et le plus beau de ses legs». Tombé lui aussi un temps dans l’oubli, cet incroyable patrimoine musical redécouvert récemment par le public est inclus aujourd’hui dans de prestigieux répertoires. Ainsi le Forum du château de Salvert lui fera la part belle en intégrant cette année un concert de piano de Karin Strehlow et une partie consacrée au chant hildegardien interprétée par la soprano Marthe Davost.

Hildegarde, une réformatrice courageuse très impliquée dans son époque

Abbaye de Rupertsberg

Ecrivain, elle rédigera 450 lettres témoignant de son engagement personnel et de sa préoccupation sur les problèmes de société de son époque, autant de témoignages précieux sur son influence réelle au sein du monde politique et religieux. Faisant preuve d’une autorité naturelle et de courage, elle n’hésitera pas à aller ferrailler avec les papes, les prélats de Mayence ou Bernard de Clervaux pour les inciter à engager une réforme des mœurs qu’elle jugeait nécessaire, admonester l’empereur Frédéric Barberousse, interpeller des rois parfois sans ménagements. Nombreux sont ceux parmi ces derniers qui lui demandèrent conseil malgré la rudesse de certains de ses propos. Ces lettres bien conservées permettent d’avancer sans se tromper qu’Hildegarde de Bingen aura été une réformatrice dont les visions devenues des thèmes de réflexion universels comportent plus que jamais de nombreuses leçons pour notre temps. Enfin abbesse bénédictine, Sainte Hildegarde a aussi écrit des prières apportant sa pierre à l’édification de l’église à laquelle elle appartenait.

Se renseigner sur le Forum : www.hildegardesaumur.fr

  • lire et s’informer
    -La médecine de sainte Hildegarde, nouvelle méthode de guérison par la nature, Dr Gottfried Hertzka
    -Prévention et guérison des maladies selon Hildegarde de Bingen, Wighard Strehlow
    -Hildegarde de Bingen, prophète et docteur pour le troisième millénaire, Pierre Demoulin/Editions des Béatitudes
    -Hildegarde de Bingen une légende vivante du XIIe siècle/ www.editionsdusigne.fr
    -Hildegarde de Bingen, Régine Pernoud /Le livre de Poche

https://www.institut-hildegardien.com
https://www.naturalchant.com/
  (concerts et stages Catherine Braslavsky et Joseph Rowe)
https://www.abtei-st-hildegard.de
https://www.st-hildegard.com/

 

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